31.10.2007

Copa do Mundo 2014 (bis)

Cette fois ci, c’est l’été. Plus besoin de mettre la petite laine. Je n’ai pas encore mis la clim’, mais j’ai commencé à y songer. Cristo Redentor aurait peut-être aimé porter le maillot jaune de la Seleção, pour fêter la nomination du Brésil comme pays organisateur de la Copa do Mundo 2014. Le Pão de Açucar a eu le droit de le porter, lui. Un maillot de 2500 mètres carrés, déployé par des alpinistes. J’ai raté la photo avec moi devant, il n’est resté qu’une seule journée.

bdc01976359f9e4ba80ebb3a88f32fe6.jpgLe maillot géant de la Seleção (en fait, sur le Morro da Urca, que j’ai grimpé dimanche – voir notes précédentes).

 

 

 

 

 

Si Nosso Senhor avait des défauts comme n’importe quel mortel, je le soupçonnerais d´être jaloux. Le Pain de Sucre, et même la statue de Juscelino Kubitschek à Brasilia, ont porté pour l’occasion le maillot (c’est comme si on mettait le maillot des bleus sur une statue de De Gaulle, à ceci près que le Général n’a pas gagné la première coupe du monde du pays pendant son mandat).

bf22be6f40b424272b46f2b3b33dcc50.jpgMémorial JK à Brasilia, hier.

 

 

 

 

 

 

Cristo disparaît de temps en temps derrière les nuages, peut-être en profite t-il lui aussi pour la porter en cachette ?

Bon, « A Copa do Mundo 2014 é nossa » comme l’ont chanté en cœur tous les journaux. Reste à construire les aéroports, les autoroutes, les métros, les trains et les stades, bref toutes les infrastructures nécessaires à l’organisation de l’événement. Constat sévère, mais réaliste, du Globo de ce matin. Les exigences de la FIFA pour 2014 sont à des années lumières de celles de 1950. On a chiffré les investissements à réaliser : 6 milliards de $ US ! Avec un retour sur investissement pas forcément rentable. On parle de la réalisation d’un « trem bala » (peut-être un TGV ?), mais même sur l’axe Rio-São Paulo, la rentabilité n’est pas assurée par rapport à l’avion. Il y en aurait pourtant bien besoin, car par la route il faut compter 6 heures de bus pour parcourir les 400 kilomètres qui séparent les deux métropoles (j’ai testé pour vous).

Il faut savoir de plus que dans les aéroports, c’est actuellement la grande pagaille. Les deux catastrophes aériennes que le pays a subies récemment (et particulièrement celle de Congonhas il y a deux mois) ont révélé la faiblesse des infrastructures. Des mesures de sécurité ont été prises, mais les retards et les annulations qui en découlent ont atteint un point critique. Même type de problème avec l’éboulement du tunnel Rebouças, qui rouvre enfin aujourd’hui après plus d’une semaine de chaos automobile dans les rues de Rio (Luci a du annuler des rendez-vous en raison de la congestion du trafic). Bref, le Brésil a du pain sur la planche, et les grands du BTP de l’oseille à ramasser.

Une autre chose a un peu gâché la fête : l’absence du Roi Pelé. Le demi-dieu, le héros national, n’était pas à Zurich pour l’événement (pour représenter la Seleção, il y avait mon pote Romário, le très populaire vainqueur de la coupe 1994, mais ce n’est quand même pas le même calibre). Rassurez-vous, ce n’est pas pour des raisons de santé (même pas une petite angine …) que Pelé a boudé l’événement. Au même moment, il participait à une foire d’articles sportifs à Cologne, ce qui ressemble quand même étrangement à une excuse bidon. Le Globo a livré deux hypothèses, pas très glorieuses. La première, c’est qu’il y aurait de l’eau dans le gaz entre le « Rei » et Ricardo Texeira, le patron de la CBF (Confédération Brésilienne de Football, en français). L’autre est encore moins glorieuse, puisque ce serait une vulgaire affaire de gros sous : Pelé est en contrat avec Mastercard, tandis que la FIFA a donné l’exclusivité du contrat à Visa, son plus gros concurrent.

Il y avait quand même du beau monde hier à « Zurique ». Lula bien entendu, qui a fait rire l’assemblée en déclarant que le Brésil ferait tous les efforts nécessaires pour que « même les argentins » ne trouve rien à redire à l’organisation (je rappelle que l’Argentine est l’ennemi héréditaire en matière de futebol). Paulo Coelho, le « mage des mots », a déclaré quant a lui que l’émotion du futebol est plus importante que celle du sexe pour les brésiliens, car il a déjà entendu des gens parler d’un match pendant cinq heures, mais jamais tenir le même temps pour la galipette. Mais le plus lyrique a été Michel Platini, qui a déclaré qu’une coupe du monde au Brésil, c’est comme un pèlerinage à La Mecque, Santiago de Compostella ou Jérusalem. Voilà qui a sûrement du consoler Cristo de ne pas mettre le maillot de la Seleção … 

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30.10.2007

Copa do Mundo 2014

Lundi : rien.

Mardi : rien.

Bon, j’emprunte la blague à Groland, mais c’est tout comme. Lundi, j’ai voulu aller à la Madureira. Pour voir les cariocas, comme dans la chanson. J’ai donc pris le RER local, qui s’appelle la Supervia. Le billet avec correspondance métro à Central do Brasil coûte 3,50 R$, donc ça ne m’a pas ruiné. A la station de Madureira, qu’est ce qu’on voit ? Rien. C’est moche, c’est la Zona Norte. C’est comme si on allait à Bobigny, mais en moins cossu. Cela dit, l’expérience de prendre les trains de la Supervia mérite d´être effectuée. Contrairement au métro, les trains ne sont pas climatisés, et je ne sais pas comment les brésiliens font pour rester assis dans ce sauna. En restant debout, on peut profiter de la fenêtre et admirer le paysage. Une favela, une usine désaffectée, un immeuble en ruine, une autre favela, etc. Les amateurs de glauque sont servis.

Mardi, je suis resté à la maison en attendant d’avoir des nouvelles de la Société Générale pour mes investissements. J’en profite pour bloguer, et comme je n’ai rien d’intelligent à raconter, je vais parler de futebol.

Ce mardi à Zurique (sic, je veux parler la capitale économique de la Suisse) avait lieu l’annonce du pays où aura lieu la Copa do Mundo 2014. Et le gagnant est : le Brésil. Youpi. Délire dans les rues, réjouissances à gogo.

En fait, il n’y avait aucun suspense puisque :

1) Selon les règles établies par la FIFA, le choix du pays se fait sur le principe du « rodízio de continente » (en version brésilienne). Autrement dit, chaque continent a droit à son tour pour éviter que ce soit à chaque fois l’Europe qui gagne. En 1990, c´était l’Europe, en 1994, c’était l’Amérique du Nord, en 1998, l’Europe à nouveau, en 2002, l’Asie, en 2006, encore l’Europe, en 2010 ce sera l’Afrique (pour la première fois), et donc en 2014, la FIFA avait décidé que ce serait l’Amérique du Sud, qui aura donc attendu depuis 1978 pour avoir le droit d’organiser l’événement.

2) Manque de bol pour la FIFA : le seul candidat déclaré au final était le Brésil. Tous les autres ont abandonné ou appuyé la candidature du Brésil, qui a donc gagné par forfait.

Mais c’est à partir de maintenant que les choses se compliquent pour le Brésil, car les exigences de la FIFA en matière de confort et de sécurité sont très pointues. Même récemment rénové, le Maracanã ne trouve pas grâce aux yeux du tout-puissant Joseph Blatter, président de la Fédération Internationale de Futebol. Il est vrai que le match de réouverture Brésil-Equateur (voir notes précédentes) avait montré quelques faiblesses typiquement brésiliennes en matière d’organisation : en voici deux.

Primo, les toilettes sont très rapidement arrivées à saturation pendant le « tempo do intervalo », autrement dit la mi-temps. Pour être moi-même allé au Maracanã en 2006 (pour voir Vasco-Botafogo et le grand classique Flamengo-Fluminense, voir la saison 1), j’avais constaté de visu (et de sentu) le grand manque de classe des pissotières, le nom de « toilettes » étant un peu trop luxueux pour qualifier ces lieux d’aisance - qui sont pourtant censés être rénovés. Et encore, le stade était encore en travaux et ne pouvait accueillir que 42000 spectateurs, contre 80000 lors du match de réouverture.

Secundo, pas de bière dans les tribunes, a dit la FIFA. C’est bien dommage, car la binouze et le futebol sont liés par une histoire d’amour éternelle, digne des meilleures novelas. Un match sans une bonne bibine, c’est comme Eloïse sans Abelard, Laurel sans Hardy ou Chitãozinho sans Xororó (pour prendre un exemple un peu plus brésilien). C’est une « dupla », comme on dit ici, et pour faire une bonne dupla, il faut être deux. De fait, il était parfaitement possible jusqu’ici de s’abreuver (avec modération) de Skol ou de Brahma dans les tribunes du Maracanã. Il est vrai qu’au Brésil, le hooliganisme n’existe pas, même si les tribunes de supporters adverses sont raisonnablement éloignées et isolées par un dispositif de sécurité qui ne rigole pas.

Seulement voilà, à la FIFA non plus, on ne rigole pas. Le pays devant être un candidat exemplaire (bien qu’unique), les 80000 spectateurs du match Brésil-Equateur ont été mis au régime sec (du moins ceux qui étaient en âge de consommer autre chose que du Fanta-Uva ou du Guaraviton, deux boissons dont les goûts évoquent respectivement la Danette vanille et le Malabar aux fraises).

Conséquence de cette prohibition, dans les tribunes, au lieu de lancer - pour encourager la Seleção - des « Pedalada, Robinho ! » ou autres « Brasil Hexacampeão ! », le public s’est mis à crier : « Cerveja ! Cerveja ! ». Et, grâce au système D local (appelé « jeitinho »), les attentes du public ont été exaucées. On a vu aussitôt apparaître en douce des canettes à 5 R$, un tarif effectivement attribuable à la contrebande d’alcool.

Je ne sais pas si c’est grâce à la « cerveja » que le Brésil a gagné 5 à zéro ce match historique, mais Joseph Blatter va sûrement devoir embaucher un Eliott Ness pour faire respecter les règles de la FIFA en matière d’absorption de substances liquides en milieu fermé.  

P.S. La Société Générale a fini par appeler pour me confirmer son accord de principe. Je vais donc pouvoir passer aux choses sérieuses.

29.10.2007

Crapahut carioca

Dimanche, le temps magnifique m’a permis de faire l’ascension du morro da Urca, à pied. Le touriste pressé prend le téléphérique du Pain de Sucre depuis Praia Vermelha. Le vrai carioca emprunte le caminho de « bem-te-vi » (traduction libre : le chemin du m’as-tu vu), et monte à pied les 222 mètres de dénivelé. Par une chaleur de 30 degrés, même si le chemin est presque entièrement en sous-bois, il est recommandé d’emporter une bouteille d’eau. Je précise à l’attention de mon papa et de ma maman que j’ai mis mes « bonnes chaussures », et que je n’y suis pas allé en « Havaianas » (vulgairement appelées « tongs » par les ignorants). Il faut savoir d’où part la piste, car selon une habitude bien brésilienne, le chemin n’est absolument pas indiqué. Mais par un beau dimanche, difficile de le rater.

Ce petit crapahut est l’occasion idéale pour rappeler combien Rio est une ville proche de la nature. La géographie complexe du site sur laquelle est bâtie la Cidade Maravilhosa, fait qu’en quelques centaines de mètres, on peut passer d’un urbanisme débridé et bétonné à une piste qui serpente dans la forêt vierge. J’exagère à peine : dans la forêt qui couvre les pentes du morro, on peut croiser les petits singes appelés ici « micos ». Ils sont tous mignons, mais pas très sauvages.

La vue depuis le morro da Urca est magnifique. C’est de là que partent les tours de la ville en hélicoptère (dont le grand classique qui fait le tour du Christ Rédempteur, il faudra quand même que je le fasse un de ces jours), et bien entendu la seconde partie de l’ascension du téléphérique jusqu’au Pain de Sucre. Mais là, pas question d’y aller à pied, comme le montre aisément la photo ci-dessous.

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Le téléphérique en question va être prochainement remplacé. La cabine date de 1972, et sa capacité de 60 personnes fait qu’aux heures de pointe, on se croirait dans le métro. La nouvelle aura 65 places, c’est un peu mieux. Comme le Brésil n’est pas un producteur de téléphériques, c’est une société suisse qui a remporté le marché. Je ne sais pas si la vieille cabine sera conservée, comme celle qui a fonctionné de 1913 à 1972. Mais elle restera immortalisée par la scène de Moonraker où James Bond (Roger Moore) affronte Jaws (Mâchoires d’Acier).

Au fait : le nom du quartier d’Urca viendrait de « URbanisação CArioca ». Moi qui croyais que c´était encore un nom d’origine tupi-guarani (la plus répandue des langues indiennes au Brésil). On progresse tous les jours en apprenant dans la joie et la bonne humeur. Petit florilège de noms d’origine tupi-guarani imprononçables (même pour des brésiliens) : Caraguatatuba, Pindamonhangaba, Cumuruxatiba et Itaquaquecetuba. Les brésiliens qui habitent ces municipalités ont intérêt à prévoir un stylo de rechange avant de remplir un formulaire de CPF.   

Je passe du coq à l’âne pour vous faire part d’un nouveau sujet étonnement franco-brésilien, d’ordre littéraire. Il se trouve que Maurice Druon, l’auteur des « Rois Maudits », membre de l’Académie Française depuis 1966, est ici une star de la littérature … pour enfants. En 1957, il a écrit un livre presque totalement inconnu en France appelé « Tistou les pouces verts », qui est devenu ici un classique de la littérature « infantile » au même titre que « O pequeno Principe », d’Antoine de Saint-Exupéry. Sous le titre « O menino do dedo verde », il en est à sa 81ème réédition avec 1,4 millions d’exemplaires vendus. La raison de ce succès est apparemment due à une très bonne traduction, d’un certain Dom Marcos Barbosa. On apprend également dans l’article du Globo (dont la lecture ne cesse de donner des surprises) que l’arrière grand-père de Druon était brésilien (du Maranhão, très exactement). J’ignore totalement si la version française du bouquin est un chef d’œuvre de la littérature, mais il y a sûrement un sujet de thèse à faire sur le sujet.

27.10.2007

L'Oracle de Botafogo

Samedi, programme typique du carioca : plage à Ipanema, caïpirinha et feijoada. La température s’est stabilisée autour des 30 degrés. C’est épuisant d’être en vacances.

 

Le maire de Rio, Cesar Maia, a déclaré que la fermeture du tunnel Rebouças n’affectait que les cariocas qui ont une voiture particulière. Ce à quoi, les mauvaises langues ont répondu qu’il ferait mieux d’aller plus souvent sur le terrain que de s’occuper de son blog. C’est vrai : ces gens qui passent leur temps à bloguer sont des fumistes notoires, totalement déconnectés des réalités. Il y a une blague qui dit que si la température venait à chuter en dessous de 15 degrés, Cesar Maia proposerait la candidature de Rio aux Jeux Olympiques d’hiver.

Diogo Mainardi est l’éditorialiste star de l’hebdomadaire Veja (équivalent : L’Express). On l’appelle ici « l’Oracle d’Ipanema ». Ses articles dans Veja sont souvent parmi les plus commentés du journal, en bien ou en mal. Quand il en a un stock de trois ans, il en fait un tas, donne un coup d’agrafeuse, et ça fait un livre. Il vient de publier son dernier : « Lula é minha anta », qui à ma connaissance n’a pas été interdit pour outrage au chef de l’état. Le tapir (« anta », en Portugais) est ici synonyme de : « individu d’intelligence limitée, idiot, crétin » (je cite le Houaiss, le plus complet des dictionnaires de langue portugaise). Le Diogo Mainardi est le pire ennemi du Calamar. Comme dirait notre oracle du Parc de Princes, Thierry Roland : ces deux là, ils ne passeront pas leurs vacances ensemble !

Diogo Mainardi me fait furieusement penser à notre BHL national. A un détail près : sauf erreur de ma part, Diogo Mainardi ne s’est jamais fait entarter. Pour une bonne et simple raison : le verbe « entortear » n’existe pas en Portugais. J’ai vérifié dans le Houaiss. C’est bien dommage, car les gâteaux qu’on trouve ici dans les supermarchés se prêteraient parfaitement à cette saine activité. Après cette brillante analyse politico-patissière, une journée de plage et une bonne feijoada, j’estime qu’il est temps d’aller se coucher.

26.10.2007

Festa do cinema

Enfin revoici le beau temps. Mon voisin du dessus (le Christ Rédempteur) est enfin de retour. Mais les deux jours précédents ont été les plus humides que j’ai jamais vécus à Rio. Il a plu en 48 heures l’équivalent de deux mois normaux. Les images de l’éboulement du tunnel Rebouças passent en boucle à la télé. La cause de cet éboulement est elle la pluie excessive, le manque d’entretien, ou bien la favela de Cerro Cora située juste au dessus ? Certainement le tout réuni.

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Eboulement du tunnel Rebouças dans le quartier de Cosme Velho. Le tunnel relie le nord et le sud de la ville (pour aller par exemple du Maracanã à Ipanema, c'est la route directe en temps normal. 

Quand il pleut, on va au cinéma. Ca tombe bien, c’était hier jeudi la festa do cinema avec toutes les entrées à 4 R$. J’en ai profité pour aller voir un sympathique nanard typiquement brésilien qui ne passera certainement jamais en France, intitulé « O homem que desafiou o Diabo » (L’homme qui a défié le Diable). Je précise que le Bonequinho du Globo (équivalent de l’Ulysse de Télérama) n’a pas aimé du tout. Moi, si. Comme quoi, il ne faut jamais regarder les critiques (surtout quand la place coûte 4 R$). En plus, je n’avais effectivement pas lu la critique avant : j’avais juste remarqué que dans la distribution, il y a avait Flávia Alessandra. Petit rappel de la saison 1 : c’est l’actrice qui jouait la méchante dans « Alma Gêmea », ma novela fétiche.

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Flávia Alessandra, une méchante comme on aimerait en avoir plus souvent. 

Le film est une comédie picaresque qui se passe dans le Sertão (Nordeste) avec tous les ingrédients de l’imagerie populaire propre à cette région. On peut y voir de sympathiques petits villages perdus au milieu de nulle part avec des ploucs qui passent leur temps à picoler en parlant d’histoires de fesses. Mais aussi des histoires légendaires, et bien sûr du forro comme musique de fond. Le scénario est complètement foutraque, mais le film se regarde avec plaisir.

J’en ai aussi profité pour aller voir un film en français. Il y en a deux qui passent en ce moment à Rio. Le premier, c’est « La Môme » (en version brésilienne : « Piaf - Hino ao Amor »), ce qui parait logique puisque c’est un excellent produit d’exportation de la culture hexagonale. L’autre (celui que je suis allé voir), est un film franco-belge de 2003 intitulé « O Tango de Rachevsky » (inutile de traduire, pour avoir le titre français, il suffit de remplacer les articles). Je me demande bien où ils sont aller chercher ce film. C’est un peu « La vérité si je mens » qui aurait été filmée par un cinéaste finlandais dépressif. Télérama a sûrement adoré. Le Globo, un peu moins.

Aujourd’hui je suis allé voir une exposition consacrée aux origines de la civilisation portugaise, au Centro Cultural Banco Do Brasil. C’est bien, les vacances : on peut glander avec élégance sans avoir impression de perdre son temps. Mes projets immobiliers avancent peu rapidement, à suivre.

Parlons plutôt de Lula. Il ne faut pas confondre Lula et lula. La preuve en image.

7111892f5132941ee8b1737600f0a846.jpgLe président Luiz Inácio Lula da Silva, avec des lunettes 3D, lors d'une visite au centre de recherche Petrobras. Attention : c'est bien Luiz avec un "z" et Inácio (et non pas Iniacio ou pire, Ignacio comme je l'ai écrit précédemment - C'est corrigé).

 

 

 

 

 

567330c6c7c9e28864c8651692c52d37.jpgLula gigante (en français : calamar géant) pèché aujourd'hui à Niteroi (à côté de Rio).  La bestiole fait 130 kilos et 4 mètres de long.

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24.10.2007

Et glou, et glou, ...

Cela fait deux jours que le Christ du Corcovado a disparu. Si ça continue, je vais aller porter plainte pour vol de « nouvelle merveille du monde » (je rappelle que les internautes brésiliens ont massivement voté pour que leur monument fétiche fasse partie des sept élus, et que la tour Eiffel n’a même pas été retenue). Nosso Senhor veille sur la Cidade Maravilhosa du haut de sa montagne, à 700 mètres d’altitude. Sa disparition est vraisemblablement due au temps pourri qu’il fait ici depuis deux jours, et spécialement depuis ce mercredi matin. Il n’a pas cessé de pleuvoir de la journée. D’un côté, c’est bon pour la sécheresse. Depuis un mois, il n’avait pratiquement pas plu sur Rio et sa région, avec les conséquences pénibles que cela engendre sur la végétation et l’agriculture. Les effets de la sécheresse se sont fait ressentir jusque dans le panier de la ménagère : le prix du mélange de base de la cuisine populaire, le fameux « arroz, feijões » (riz et haricots noirs) a augmenté de plus de 5 %.

En revanche, la récolte de canne à sucre a été excellente, et ça, c’est bon pour l’automobiliste. Avec le litre d’alcool à 1,45 R$ contre 2,45 R$ pour la « gasolina » faite avec du pétrole, le prix de revient du plein est 15 % moins cher pour les possesseurs de véhicules « flex », qui acceptent indifféremment les deux combustibles. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il faut davantage de jus de canne à sucre que de jus de pétrole pour faire rouler une bagnole (30 % en plus en volume).

Le panier de base de la ménagère qui augmente, le prix du plein qui baisse pour les privilégiés qui ont une automobile, voici qui n’est pas fait pour diminuer les inégalités dans ce pays. Tout ce que je peux dire, à titre personnel, c’est que le jus de canne à sucre, je le préfère comme composant de base de la caïpirinha. Ce qui me fait au moins un point commun avec Kimi Räikkönen, le nouveau champion du monde de Formule 1, qui vient d’arracher le titre mondial de gros vroum-vroum suite au dernier grand prix de la saison, à Interlagos (près de São Paulo).

La Finlande est un pays de grands rigolos (Sibelius, Aki Kaurismäki, …) et le nouveau champion de F1 ne fait pas exception à la règle. On l’appelle « l’homme de glace » et selon une légende établie, il ne rie jamais, même à son anniversaire. Aussi les gazettes brésiliennes (et bien sûr le Globo) se sont délectées de le surprendre au sortie d’une soirée bien arrosée pour fêter son nouveau titre, un verre du cocktail national dans la main. « Se beber, não dirija » (boire ou conduire, il faut choisir), « o homem de gelo, limão e cachaça » (l’homme de glace, citron vert et rhum blanc), voici pour les meilleurs commentaires. Une idée à creuser pour Renault lors de la prochaine saison : faire rouler leurs gros bolides bruyants avec de l’alcool de canne, ils auront peut être le moyen de battre enfin les Ferrari.

Ce matin, j’ai profité du temps détestable, pour faire du bricolage. Mon (peut-être) futur appartement a besoin en effet d’une ample rénovation au niveau de l’installation électrique, qui est aux normes brésiliennes des années 60. L’éléctricité me fait furieusement penser à un gag de Gaston Lagaffe. Le tableau électrique est digne d’une œuvre de Kandinski. La prise de la télé ne fonctionnait plus et faisait des crépitements peu rassurants quand on essayait de la faire remarcher, en remuant le fil. C’est très grave : plus possible de regarder les novelas.

Je suis donc allé chez le petit électricien du coin pour acheter une nouvelle prise, une pince coupante et un tournevis, le tout pour 20 R$. Le gars a du faire son chiffre d’affaire de la journée. Le résultat de mon bricolage ne me satisfait pas vraiment, mais au moins la télé remarche. Tout ça pour pas grand-chose : la rediffusion de « Essas mulheres » a été remplacée par du futebol. Quand ce n’est pas le championnat brésilien ou la coupe d’Amérique du Sud, ils arrivent quand même à en rajouter avec les championnats européens (en l’occurrence Madrid contre Olympiakos). Incorrigibles brésiliens …

Quoiqu’il en soit, j’ai bien fait de ne pas bouger, car la pluie a créé une belle pagaille dans le trafic automobile à Rio. Il y a eu un impressionnant éboulement à la sortie du tunnel Rebouças qui relie le nord et le sud de la ville, et dans certaines rues du centre (comme à Lapa), on a de l’eau jusqu’au genoux. Ca devrait s’arranger demain, je vais peut être pouvoir me remuer un peu.

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22.10.2007

Brazil ? Não, Brasil !

Un peu de culture pour relever le niveau de ce blog. J’ai omis de raconter ma soirée du samedi 20, où je suis allé pour la première fois à Rio assister à un concert de musique classique (une idée de Luci, bonne idée au demeurant). C’était l’occasion de voir la Salle Cecilia Meirelles, haut lieu de la culture carioca. Concert de piano avec Schumann au programme, interprété par mestre Luiz de Moura Castro. Le prix de la place est modeste : 20 R$ et malgré cela le public était un peu clairsemé. Certains objecteront que Schumann ne vaut pas Martinho da Vila, même s’ils ne sont pas dans le même registre. Il faut quand même préciser que la semaine passée, c’était Nelson Freire qui était au clavier, et le prix de la place était multiplié par 10.

Le reste de la soirée était plus classique et moins culturel : bar à Lapa avec cerveja, carne seca et aipim frito, sans oublier la traditionnelle caïpirinha. Que du light. Ce qui m’a évidemment poussé à faire un peu d’exercice pour éliminer (voir note précédente).

Ce lundi matin, j’ai visité le Ministère des Finances de l’état de Rio, mais pas pour des raisons touristiques, quoique. Le Ministerio da Fazenda de Rio est un énorme bâtiment du plus pur style stalinien, construite à l’époque où Rio était encore la capitale du pays, et abritait déjà le ministère, mais au niveau fédéral (je rappelle que le Brésil est un état fédéral sur le modèle des USA, composé de 26 états dirigés chacun par un « governador ». L’intérieur de la bâtisse est assez impressionnant et mérite un coup d’œil.

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Ministerio da Fazenda, avenida Presidente Antonio Carlos, Rio : du lourd.

Mais que diable allait il faire dans cette galère un lundi matin ? C’est simple, j’y allais pour faire régulariser mon CPF, première étape pour être connu du fisc brésilien quand on envisage comme moi un investissement immobilier dans le pays. Je dois dire que j’ai été plutôt agréablement surpris par la facilité et la rapidité de la procédure. Je m’attendais plutôt à vivre une scène digne de Brazil, le film. A noter également le bon accueil des agents. Du film, il n’y avait que le décor. Je vais donc dès demain mardi tenter d’ouvrir un compte en banque, on verra si c’est aussi facile.

Avec le temps gagné en bureaucratie, j’ai pu (en partie) résoudre cet après midi un mystère qui m’a intrigué, l’autre jour, en me baladant dans Botafogo. Le quartier était celui des ambassades, du temps où Rio était la capitale du pays (autrement dit avant 1960, j’ai oublié de le rappeler plus haut). Botafogo compte donc à ce titre un certain nombre de résidences de prestige qui ont résisté à la pression immobilière, en particulier dans la rua São Clemente.

Au numéro 213, se trouve un superbe bâtiment inutilisé dont je ne connais toujours pas la vocation originale. Au numéro 360, le Palacio da Cidade, ancienne ambassade de Grande–Bretagne. Un peu plus loin, le consulat général du Portugal, remarquable lui aussi. Mais le bâtiment qui m’a le plus intéressé se situe au 284, et contrairement à tous les précédents, on peut entrer dedans. Il abrite le siège d’une entreprise nommée Forever Living Products, qui vend des cosmétiques d’origine naturelle. Visiblement, ils cherchent des distributeurs individuels, et ça se bouscule au portillon. Je n’ai pas pu déterminer quel était l’utilisation initiale du bâtiment et de ses jardins, mais c’est superbe à voir.

21.10.2007

Des vaches sur la plage !

Le Christ du Corcovado a fini de faire cache-cache avec les nuages. Je sais bien que jamais le Christ n'a baissé les bras, mais quand même. Je le soupçonne de se relâcher dans ces moments où personne ne peut le voir. Peut-être que Lui aussi, il est en train de lire le Playboy avec Mônica Veloso ? (voir note précédente). Bon, ce n'est pas très gentil de parler ainsi de Notre-Seigneur, dans un pays où il est écrit "Jesus te ama !" jusque sur les caddys de supermarchés. J'exagère à peine. Parlant de Religion et de Grande Distribution, j'ai fait une découverte comme il m'arrive encore d'en faire malgré une certaine pratique du Brésil. Ce pays continue encore à me surprendre : on peut acheter des cierges dans les supermarchés. Au rayon quincaillerie, entre les piles, les ampoules et les allumettes, on peut acheter des "velas votivas" avec dessus une Sainte Vierge ou un São Jorge. Ce n'est pas pour éclairer en cas de coupure de courant, c'est bien pour prier. Pour prier que le courant revienne, éventuellement.

Tout ça pour dire que je suis en vacances et que ça se sent dans mes activités, qui sont assez proches de ce que l'on nomme en termes techniques la "glandouille". Vendredi, en raison du temps médiocre, je suis retourné faire un petit tour dans mon quartier de Botafogo, histoire de voir les nouveautés. La clinique d'Ivo Pitanguy n'a pas bougé, les riches brésiliennes peuvent continuer à y faire un séjour pour en ressortir avec le visage aussi lisse que si elles avaient été traitées par Photoshop (voir à ce propos la couverture du dernier numéro de "Elle", où les infographistes s'en sont donné à coeur-joie).

Urca vue du ciel
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Samedi, le temps s'est un peu levé et j'ai fait autre petite balade, en voisin, jusqu'à Urca. Le charmant quartier au pied du Pain de Sucre est toujours aussi calme, et le vieux Casino où ont chanté Carmen Miranda et Jean Sablon (entre autres vedettes des années 1930) est toujours aussi en ruine. Mais cela pourrait changer et la révolte gronde. Partout on peu voir des banderoles : "Non à l'IED". Il s'agit (après vérification) d'un projet de réhabilitation du vieux Casino pour accueillir une école de design internationale. Les habitants du quartier ne sont pas contents, et ils le font savoir. C'est qu'ici, il y a du beau linge. Parmi les 6700 habitants du quartier, on compte Roberto Carlos (le chanteur, pas le footballeur), Lenine (le chanteur, pas celui qui est momifié sur la Place Rouge), et j'en passe d'autres qui ne sont pas connus en France. Je ne les ai toutefois pas croisés pour leur demander leur avis. Visiblement, ils ne fréquentent pas le Bar da Urca, un sympathique estaminet où on peut déguster des sardines à 1,70 R$ la pièce en buvant une bonne Brahma, assis sur le muret au bord de la mer.

761bbccbd000f9c9f8a77667c24bb949.jpgBanderoles contre l'IED qui doit remplacer le vieux Casino

 

 

 

 

Ce dimanche, j'ai fait un peu de marche pour tenter d'éliminer une partie des substances calorifiques que j'ai déjà ingurgitées en 6 jours. Je rappelle que le Brésil n'est pas un pays où il faut aller pour faire un régime : on boit ici la bière comme du petit lait, la viande y est excellente et servie généreusement. J'ai donc fait une petite marche depuis le bout de la plage d'Ipanema (côté de l'hotel Sheraton) jusqu'au bout de la plage de Copabana (côté Leme), en prenant le calçadão (les célèbres trottoirs avec une mosaïque noire et blanche), le long des avenidas Delfim Moreira, Vieira Souto et Atlantica (la piste côté mer est fort heureusement rendue aux piétons le dimanche). Par un beau temps comme aujourd'hui, il y a du monde le long de ces huit kilomètres d'anthologie. Avec le petit vent et un soleil au beau fixe, je ne sais pas si j'ai perdu du bide, mais j'ai pris des bonnes couleurs.

78459e535d2498d23a4a2b7e9c0b4da7.jpgStatue de Carlos Drummond de Andrade, sur la plage de Copacabana

 

 

 

 

 

Rio est en ce moment le théatre de la "Cow-Parade", une exposition d'art moderne à l'air libre, vachement intéressante. Il y a la vache en biquini, la vache gay (talons aiguilles et pis arc en ciel), le vache en calçadão, etc. Il y a même une vache qui lit, en compagnie de Carlos Drummond de Andrade. Heureusement que le grand poète a une vache à ses côté pour lui faire la lecture : un vandale a cassé ses lunettes. La statue de Carlos Drummond de Andrade doit être prochainement réparée, mais en attendant, il n'a que cette solution pour éviter le pis (pouf-pouf).

19.10.2007

Histoires de fesses

Le temps ne s'est pas ammelioré ce vendredi, et ce soir il pleut comme vache qui pisse. Le Pain de Sucre et le Corcovado ont disparu sous les nuages, j'espère qu'ils ne se sont pas fait la malle. Faute de commenter plus mes pérégrinations dans Rio, la météo me donne donc le loisir de me lancer dans une dissertation sur un sujet qui fait toujours recette : la fesse. Il faut bien pousser l'audience de ce blog avec des bonnes vieilles recettes qui marchent dans tous les cas. 

Je rappelle qu'au Brésil, quand on parle de "préférence nationale", c'est pour se référer à la fesse. En portugais du Brésil : "a bunda", ou plus familier, "o bumbum". Le brésilien aime la fesse, de préférence ferme et généreuse. Pour développer le sujet de manière cul-turelle, j'ai sous les yeux un petit opuscule de "littérature de Cordel", un genre littéraire typiquement brésilien (du Nordeste), qui est à la grande littérature ce que la peinture naïve est à la peinture des grands maitres. Son titre : "O poder que a bunda tem" ("Le pouvoir de la fesse"). Il expose le sujet en huit pages, rédigées en vers de mirliton, par une série de gaudrioles réjouissantes, et un tantinet machistes. L'idée générale qui en ressort est que la fesse méne le Brésil, et ce n'est pas l'actualité récente qui va démentir l'auteur.

Je veux bien entendu parler de l'affaire Renan, le "Renangate" comme on dit ici. Le dénommé José Renan Vasconcelos Calheiros était Président du Sénat à Brasilia, et vient de perdre son mandat et son honneur pour une histoire de bunda. L'hebdomadaire Veja (équivalent : "L'Express") a révélé que le sénateur était impliqué dans une sombre affaire de corruption, ce qui n'est pas rare sous ces lattitudes. Ce qui est plus rare, c'est que l'argent public détourné aurait servi à payer une pension à la maitresse du sénateur, avec laquelle il a eu une fille illégitime (monsieur est par ailleurs marié). La maitresse en question est une certaine Monica Veloso, journaliste connue à la télévision. 

Interrogé par une commission d'enquète, Renan a éte obligé de reconnaitre la liaison et la fille illégitime, mais s'est défendu très maladroitement sur l'origine de l'argent versé pour la pension. Il a invoqué une vente de bétail lui appartenant, mais après investigation, il s'est avéré que le revenu n'était pas déclaré, et au final s'est révélé bidon. Il a donc été obligé de s'éloigner temporairement (sic) de son siège après avoir rendu son appartement et sa voiture de fonction.  

En contrepartie, celle qui a gagné dans l'affaire, c'est Monica Veloso. Sa popularité a explosé, et en bonne logique, la revue Playboy (édition brésilienne) lui a proposé de poser en petite tenue dans les pages de l'édition d'octobre, en ce moment dans les kiosques (Playboy Brésil est particulièrement rompu à ce genre de coup fumant). Force est de constater que monsieur le sénateur a bon goût et que Monica défend brillamment la "préférence nationale". C'est à ce moment que l'affaire prend une proportion réellement politique, en remontant au plus haut sommet de l'état. Le libraire du Sénat à Brasilia, qui d'habitude vend très peu Playboy, en écoule une centaine dans la même journée. On va jusqu'à interroger le Président de de la République, Luiz Inácio Lula Da Silva, pour savoir si lui même a acheté le titre pour se documenter sur le dossier. C'est alors que Lula répond sans se démonter : "Depuis que je suis adulte, je ne lis plus Playboy.". Fermez le ban. A coup sûr, une réponse aussi ferme que les fesses de Monica Veloso.

Sacrés brésiliens. C'est pas en France qu'une histoire de fesses viendrait troubler le Président de la République. C'est une preuve de notre plus grande maturité politique. Enfin, je peux me tromper, car d'ici, je suis très mal informé. 

22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Brésil

18.10.2007

Rio au printemps (suite)

De la fenêtre du salon, chez Luci, quand on ne voit pas le Christ du Corcovado, ça veut dire que le plafond est bas. Ce jeudi, le ciel était couvert et la température a chuté : j'ai réellement mis la petite laine. Hier soir, juste avant le match, il s'est mis à pleuvoir des cordes, ce qui n'a pas empêché Ronaldinho, Robinho et Kakà (accent grave sur le second a) de faire le spectacle au Maracanã : 5 à zéro pour la Seleção. Je ne résiste pas au plaisir de donner le nom du premier buteur : Vágner Love, de son vrai nom Vágner (accent aigu sur le a) Silva Nascimento. J'ai vu ça à la télé et c'est bien dommage, mais après 12 heures de voyage et 5 heures de décalage horaire, j'étais aux abonnés absents.

Dans la note précédente, j'ai été un peu sévère avec le Globo. Dans l'édition de ce jeudi, il y avait un article concis et précis sur la situation en France avec les enjeux de la réforme des régimes spéciaux de retraite (regimes especiais de aposentadoria, en version originale). En tout cas, dans le Globo, intéressant ou pas, il y a de la lecture : ce matin, en regroupant les nouvelles du Brésil, les nouvelles de Rio, les nouvelles du monde, les sports, le carnet culturel, le supplément auto, les annonces immobilières, le cahier mode spécial biquinis (sic) et j'en passe, il était épais comme l'annuaire du téléphone.

Depuis mon arrivée, je ne me suis pas beaucoup bougé. Hier soir, je suis resté avachi devant les novelas et le futebol en roupillant plus ou moins. Ah, les novelas de la Globo, que du bonheur ... En ce moment, on peut enchainer successivement "Eterna Magia", "Sete Pecados" et "Duas Caras". Et à partir du 5 novembre, il y aura "Desejo Proibido". Je ne traduis même pas, ça se passe de commentaires. On se demande où ils vont chercher tout ça. Pour que la félicité soit totale, je précise que la Rede Record rediffuse à 17h30 "Essas Mulheres", la novela devant laquelle j'étais scotché il y a deux ans (relire la saison 1).

Ayant épuisé mon temps de cerveau disponible et surtout récupéré le décalage horaire, je me suis résolu ce jeudi après-midi à quelques activités culturelles. Je suis allé voir une exposition fort intéressante intitulée "180 ans d'industrie brésilienne" qui permet de voir des vieux bidules amusants, dont une Romi Isetta, la première automobile produite au Brésil dans les années 50 (3000 exemplaires). Sur ses trois roues, elle devait tenir la route comme une savonnette.

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La Romi Isetta 

Mais le plus important, c'est que je suis allé au cinéma "Palacio" voir le film événement "Tropa de Elite", qui vient de sortir sur les écrans et que de nombreux brésiliens ont déjà vu (au cinéma ou en DVD pirates). Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est réellement un film choc (interdit au moins de 16 ans). A côté, "Cidade de Deus", c'est du Walt Disney. Il montre de maniére réaliste les bataillons policiers qui interviennent contre les trafiquants de drogue dans les favelas. Lors de sa sortie en France l'année prochaine, il y aura certainement une polémique dans Télérama et les Inrockuptibles pour dire que c'est un film "fasciste". A mon avis, sous un côté incontestablement bourrin, se cache une certaine complexité des personnages et parfois une pointe d'humour (très) noir. A voir comme un documentaire, sachant que ce qu'on voit dans les informations à la télé est parfois presque aussi cru. Hier soir, dans le "Jornal Nacional" de la Globo, ils montraient un hélicoptère en train de tirer sur des trafiquants dans la favela de Coreia, à l'ouest de Rio. Je précise pour mon papa et ma maman que c'est un quartier très loin de Botafogo où je ne mettrai certainement jamais les pieds, faudrait être maso.

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