20.11.2007

Guaratingueta

Après trois nuits à Bananal, j'ai pris ce lundi matin la route de Guaratingueta. Il y a un bus direct qui relie les deux villes, il ne m'en fallait pas plus pour me décider à tenter l'aventure. La route est folklorique, à tous points de vue. Le paysage est charmeur, la route passe au milieu des vaches, littéralement, puisqu'on trouve des vaches sur la route. le chauffeur connait la route par coeur : il sait où sont tous les trous et arrive parfois à les éviter. Au bout de deux heures de virages, de montées et de descentes, on arrive sur la via Dutra, l'autoroute Rio-São Paulo. Ce qu'on gagne en rapidité, on le perd en charme.

Guaratingueta est la capitale brésilienne du tourisme religieux. Ne croyez pas que j'ai subitement attrapé la vocation en me cognant sur un pilier d'église, comme l'a fait en son temps Paul Claudel. D'ailleurs ce qui va suivre ne ressemble vraiment pas à du Paul Claudel. C'est juste l'occasion de parler à ma manière de la principale religion du pays, avant le futebol : la religion catholique.

Guaratingueta est la ville natal de Frei Galvão (1739-1822), le premier saint brésilien. Ce frère jésuite doté d'une grande piété et d'une remarquable bonté d'âme avait trouvé un remède miracle pour tous les maux : la pillule de Frei Galvão. C'est un petit morceau de sucre enrobé avec une prière. La prière constituant le principe actif, la pillule de frei Galvão est donc aussi efficace qu'un remède homéopathique (sinon plus). Pour se la procurer, pas la peine de courrir à la pharmacie : elle est distribuée gratuitement dans tous les endroits stratégiques de la ville. Je donne le mode d'emploi qui est livré avec : prier pendant 9 jours, prendre une pillule le premier jour, une le cinquième et une le dernier. Ne pas dépasser la dose prescrite. Si les symptômes persistent, deux "nôtre-père" et trois "Je vous salue, Marie" (j'ai rajouté les deux dernières phrases, mais la première est authentique).

Frei Galvão est mort en odeur de sainteté, mais il a fallu attendre 1998 pour que le Vatican se décide à le cannoniser, sans nul doute pour flatter le chauvinisme des brésiliens qui constituent le premier pays catholique du monde par le nombre de croyants. Pour être cannonisé, il faut avoir fait des miracles. Frei Galvão en a fait, comme le montre en les peintures naïves que l'on peut voir dans sa maison natale, transformée en musée. Frei Galvão était également doté du don de lévitation et d'ubiquité. Rien n'indique qu'il savait également réaliser à la perfection le cake aux olives, mais on peut le supposer, tant était grande sa sagesse.

Pour continuer dans le registre religieux, il suffit de faire six kilomètres pour arriver à Aparecida (un bus relie les deux villes toutes les 15 minutes). J'étais plusieurs fois passé devant la gigantesque basilique en prenant la via Dutra, sans jamais m'arrêter. Cet oubli est désormais réparé. La basilique date de 1955 et est une des plus grandes églises catholique du monde. Elle abrite la vierge trouvée sur les bords du Rio Paraiba en 1717, qui est vénérée comme la sainte patronne du Brésil. C'est étonnant de voir un tel monument et une telle dévotion autour d'une si petite image. Pour défiler devant la vierge, pas moins de six rangées de pèlerins séparées par des rampes (on peut le faire à genou, mais je n'ai pas retenu cette option). Un lundi pluvieux, il n'y a pas foule, mais j'imagine la cohue un 12 octobre, fête nationale, jour férié dans tout le Brésil et date du pélerinage annuel. Ce jour là, le parking doit être aussi plein qu'à Disneyland. Pour se repérer dans le parking, il y a plusieurs secteurs : la rose miraculeuse, Lourdes, etc. Si vous vous perdez quand même, invoquez par la prière le saint GPS. Un bon pélerinage se doit de se terminer par une visite au centre commercial religieux, pour acheter une sainte-vierge clignotante ou une bougie avec le saint qui apparait quand on l'allume. J'ai aussi bien aimé le portrait de Jésus qui ferme les yeux quand on change d'angle de vue.

Très important pour terminer : c'est ce soir qu'a été diffusée la scène de la novela "Duas caras" tournée à l'hypermarché Extra de Barra de Tijuca (voir notes précédentes). A voir sur le Globo Media Center :

http://video.globo.com/Videos/Player/Entretenimento/0,,GI... 

 

Commentaires

Rapportes nous quelques pilules de ce bon
Frei Galväo,çà doit marcher pour les rhumatismes et peut-être aussi contre la
"vocation" que j'aurais attrappée si je n'avais
rencontré Maman...Et tu ne serais pas là pour
nous faire rire avec tes blogs...Et comme en plus Maman réussit parfaitement le cake aux
olives,tout rentre dans l'ordre

Ecrit par : oui mon Père | 20.11.2007

Maman et moi avons vu et revu l'épisode de
"Eu vi o Adalberto" où les deux amoureux se
retrouvent au milieu des choux et des navets.
Il faut bien reconnaître qu'on ne peut pas
retrouver une telle intensité dramatique et
émotionnelle dans la production française.
Même pas dans "Plus belle la vie"....
Peut-être dans "Marius" en couleurs...
(blague privée)

Ecrit par : Blogocinetelephage | 20.11.2007

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