16.01.2008

Pourquoi j'ai signé la pétition ...

Je suis rentré du Brésil depuis maintenant presque deux mois, et j'ai quelque peu abandonné mon cher blog. C'est normal : loin des yeux, loin du coeur ... J'ai repris ma vie exaltante de parisien moyen, qui consiste à aller au bureau en RER, travailler (ou ce qui s'y apparente, comme répondre à des mails sur des sujets de la plus haute importance), manger mes frites à la cantine, rentrer du bureau en RER et manger ma soupe en pyjama. Que du bonheur. L'aboutissement ultime de 2000 ans de civilisation au service de l'épanouissement individuel.

Si je reprend la plume, c'est d'abord pour vous souhaiter bonne année, puisque nous sommes encore dans la période des voeux. Donc bonne année, bonne santé et patin-couffin. Il fallait le faire. Voilà, c'est fait.

Sérieusement, voici vraiment pourquoi. Cela fait deux mois que j'ai pris la résolution de faire abstinence d'information radio : plus de France Info le matin. France Info était une drogue douce à laquelle j'étais accro depuis sa fondation en 1987. Il m'arrivait de l'écouter pendant trois heures d'affilée, au risque d'entendre six fois de suite Jean-Pierre Gaillard ou son représentant putatif. C'est grace au Brésil que j'ai décroché. Là-bas, le climat aidant, on se passe très bien de France Info. J'avais malheureusement replongé après mon congé sabbatique, mais suite à mon dernier séjour, j'ai définitivement tourné la page. J'en viens même à m'en demander si Jean-Pierre Gaillard existe encore.

Mais surtout, si j'ai arrêté, c'est pour ne plus entendre son nom au réveil. Son nom ? De qui ? Mais de LUI, bien entendu ! Le Schtroumpfissime. Nabot-Léon Premier. Le petit père des people. Notre omniprésident, 1 mètre 72 de nerfs monté sur burnes, et qui nous les brise menu.

Tous les matins, je jouais au Sarkozy. Zut, ça m'a échappé. Mais au moins ceux qui sont durs à la détente auront enfin percuté : quand je parle de LUI, c'est bien de lui qu'il s'agit. Au fait, c'est quoi, le jeu du Sarkozy ? Très simple : vous allumez France Info, et vous chronométrez au bout de combien de temps (ou après combien de mots) vous entendez : "Sarkozy". Record imbattable : il m'est arrivé au moins une fois d'allumer France Info et de tomber pile dessus. En général (sauf à tomber sur la météo ou le traffic routier), je n'avais pas le temps de beurrer une tartine entière avant d'entendre le mot qui tue. Cela m'a amusé pendant un moment, mais ça ne m'amuse plus. Fini de jouer.

Désormais, j'ai pris la ferme résolution de m'informer principalement en regardant la Globo sur le net. C'est peut-être pas la panacée, mais au moins ça me fait travailler mon portugais. L'information sur la Globo est à peu près de la même élévation intellectuelle que celle de TF1. Un peu supérieure quand même à celle du 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, puisque sur la Globo, il y a toujours un chapitre "International". Au moins, s'il se passe en France quelque chose d'important, je suis au courant.

Mais en ce moment, je ne suis pas verni. Car même sur la Globo, on y échappe pas. Il faut dire que les brésiliens sont des grands sentimentaux : ils adorent les belles histoires d'amour, surtout quand elles sont sérieuses (on est prié de ne pas rire). Donc, pas de bol : je me suis remis à jouer au Sarkozy. En version portugaise, ça donne : "o jogo do Baixinho". C'est le surnom que les brésiliens ont donné à notre cher président. Ca veut dire : "le tout petit". "Baixinho, ainda charmoso" (tout petit, mais charmeur).

Bon, pour la Globo, il n'y a rien à faire, et là-bas ils ont Lula (qui est un peu envahissant, mais moins quand même). Mais pour la télévision française, on peut faire quelque chose. Voici pourquoi j'ai signé la pétition initiée par Laurent Fabius pour rétablir l'équilibre dans les temps de parole sur les média audiovisuels : http://www.egalite-audiovisuelle.fr/