27.05.2009
Soirée classique à Recife
J'étais si occupé depuis mon arrivée à Recife par un programme qui n'a rien à voir avec celui prévu, que j'ai omis d'entretenir mon cher blog. J'ai tant de choses à raconter que le retard est presque impossible à combler. Je me contenterai donc de raconter, dans la catégorie des histoires qu'on peut raconter, ma soirée de mercredi soir (le 27).
Comme chaque mois, l'orchestre symphonique de Recife se réunit au théâtre du Parc pour donner un récital, et pour ne rien gâcher, c'est gratuit. J'ai toujours mis un point d'honneur à prouver dans ce blog que le Brésil n'est pas un pays où on ne rencontre que des voleurs, des putes et des travestis. Il fallait donc préciser que Recife, deux millions d'habitants environ, possède un orchestre symphonique. Il est vrai que les puristes tordrons le nez, car certains détails montrent qu'on est bien au Brésil et pas à la salle Wagram. Commençons par le nom du chef d'orchestre : Nenéu Liberalquinho. Non, il ne s'agit pas du nom de l'avant-centre du Shaktior Donetsk (voir note précédente). Pour être crédible en tant que maestro, il vaut mieux s'appeler Herbert Von Kelkechoze, ça fait plus sérieux. Néneu Liberalquinho n'aurait de toute façon pas pu faire avant-centre, car du haut de son 1 mètre 10, il aurait eu du mal à faire des têtes. Un chef d'orchestre nain ? Pourquoi pas, on a bien un président ...
L'orchestre a pour particularité de n'avoir pour ainsi dire que des instruments à vent. Les mauvaises langues objecteront qu'un orchestre symphonique comporte une majorité d'instruments à corde, et donc les pièces du répertoire classique jouée par l'orchestre de Recife sont en fait des transcriptions. De fait, l'ouverture du Barbier de Séville (de Rossini) prend ainsi une forme originale. Les chagrins feront encore plus la gueule en apprenant que l'orchestre ne se contente pas de jouer des pièces du grand répertoire, il n'hésite pas à s'aventurer sur le terrain de la musique populaire, et évidemment de la MPB (musica popular brasileira).
Au programme : "Amazing Grace", de Frank Ticheli. Puis "Lamentos", de Pixinguinha e Benedito Lacerda : du samba, donc (*). Fogão, de Sérgio Lisboa (un frevo, je crois). Mais le gros succès de la soirée fut pour "Obrigado, Mangueira" de Getúlio Cavalcanti (un samba également), avec comme soliste vocale la propre fille dudit Cavalcanti (qui est bien vivant, vu qu'il était présent dans la salle). Quand Alessandra Cavalcanti est apparue, avec une robe rouge avec la couture au dessus du genou, un décolleté plongeant et des escarpins de la même couleur, on a pu entendre quelques sifflets admiratifs qui auraient été considérés comme déplacé par le public guindé et culturreux du milieu parisien.
Il est vrai que la soirée est tout sauf coincée, puisqu'on peut y rentrer avec en Havaianas (vulgairement appelées "tongs"), vétu d'un bermuda et du maillot de la Seleção (authentique). Pour ma part, j'étais un peu mieux habillé, mais pas mieux que demain dimanche pour aller de nouveau à un concert classique, cette fois au Théâtre Santa Izabel, un théâtre du XIXème siècle construit par un architecte français, un certain Louis Léger Vauthier. Il parait que l'ambiance est un peu plus "formelle".
(*) Rappel : on dit LE samba et non LA samba car en portugais, le mot est par exception notable du genre masculin.
23:14 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brasil
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