05.07.2009
São Luis et Lençois Maranhenses
De retour à São Luis après quatre ans d’absence, je constate que les choses n'ont pas beaucoup changé. En bien : les boeufs sont toujours là, et continuent de danser, dans la joie et la bonne humeur, pour célébrer la Bumba-Meu-Boi. En moins bien : c'est toujours autant en ruine. Le magnifique casarão de la rua das Estrelas, dont il ne reste que la facade couverte d'azulejos, est dans le même état, à un détail près : il y a une plaque indiquant qu'il va bientôt être restauré. Il y a même un budget et un délai de réalisation, mais cela ne signifie pas que les choses vont se faire avec certitude. Quant au casarão dans lequel j'ai joué un remake d'Indiana Jones, il n'a toujours pas trouvé preneur, et même la plaque "se vende" (à vendre) a disparu.
L'objectif principal de ce retour à São Luis était toutefois de réaliser l'excursion indispensable que j'avais ratée la dernière fois : les Lençois Maranhenses. C'est réellement un lieu magique, à 260 kilomètres au nord-est de São Luis. Début juillet est vraiment la période idéale pour visiter les Lençois. La chance était au rendez-vous avec trois jours de soleil. Les photos de l'album ci-joint se passent de commentaires.
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19.06.2009
Surubim et Caruaru
Surubim est une ville de l’intérieur du Pernambouc, et la température chute considérablement par rapport à Recife. On se passe facilement de la climatisation. Pour un peu, on mettrait la petite laine. Les brésiliens, en tout cas, trouvent que les nuits sont fraiches. Moi, ça va. Il y a une Banco do Brasil où on peut retirer de l'argent avec une carte internationale. Si, c'est possible. Le maire vient d'inaugurer une nouvelle place, avec comme protectrice une statue de Nossa Senhora. L'église est de 1965, en plus pur style années 1960. Voilà, je crois avoir tout dis sur Surubim, pour ce qui relève de l'information touristique.
Caruaru est LA capitale du Forró. Qui n'entend pas de Forró à Caruaru, pendant la São João, a vraisemblablement les oreilles bouchées. Le véritable Forró se joue à trois musiciens : l'accordéoniste (sanfona), le tambour (zabumba) et le triangle (triangulo). On peut donc dire que c'est un genre de bal-musette, en plus rythmé. Mais contrairement au genre précité, le Forró n'est pas considéré comme une musique ringarde pour les ploucs. Il fait partie des traditions, et on peut même voir des gamins de 15 à 20 ans danser au son de cette musique. On peut même penser qu'ils préfèrent le Forró à la Techno, et ce n'est pas moi qui vais les contredire. Attention : ne pas prononcer "Forro" comme "Zorro", mais avec un "o" ouvert comme dans "note" ou "flotte". Donc, prononcer "Forró" avec la bouche en forme de cul de poule, sous peine de ne pas être compris par un brésilien. Le programme culturel indispensable à Caruaru : la visite du musée Luiz Gonzaga, l'immortel auteur (avec Humberto Teixeira) de la chanson "Asa Branca".
Le monument historique de Caruaru est une simple cabane en terre : la maison de Mestre Vitalino. Vitalino Pereira dos Santos est l'homme qui a créé l'artisanat des figurines en terre cuite, qui sont avec le Forró l'autre source de revenu de la ville. Impossible d'y échapper non plus. On peut d'ailleurs combiner les deux (Forró et artisanat) en achetant le "Trio nordestino" en terre cuite : sanfona, zabumba et triangulo. Mais comme la terre cuite est muette, on peut mettre un disque de Luiz Gonzaga.
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11.06.2009
La Seleção à Recife !
J'étais hier soir au stade d'Arruda, à Recife, pour assister au match Brésil-Paraguay comptant pour la qualification à la coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud. Se trouver au milieu de 55000 brésiliens semi-hystériques pour encourager l'équipe nationale de futebol, il faut avoir fait ça une fois au moins dans sa vie. C'est fait. Les quelques paraguayens paumés au milieu de cette marée jaune et verte n'ont pas fait le déplacement pour rien, attendu que c'est leur équipe qui a ouvert le score, au grand dam du public. Mais la paire infernale, Robinho et Kaka, a permis de réduire le score, puis de gagner par 2 à 1, score final. Kaka, Kaka ! Kaka n'a pas merdé (j'ai pas pu me retenir de la faire, celle là).
Pour remonter un peu le niveau intellectuel de ce blog, j'ajouterai une bonne nouvelle : Recife a été officiellement choisie comme ville allant accueillir des matchs la coupe du monde de 2014, qui aura lieu au Brésil. Les pernambucanos (habitants du Pernambouc, ou pernamboucains, en français), qui sont très chauvins, ont fêté cela dignement. La décision a été prise lors d'une réunion au palais du gouverneur, le "campo das princesas" (voir note précédente), où la CBF et la FIFA ont visiblement été impressionnés par le faste des réjouissances. Un bon gueuleton, ça aide toujours à prendre une bonne décision. Cela dit, le stade d'Arruda a bien besoin d'une modernisation pour être aux normes. Les gradins supérieurs sont encore des cubes de béton où il est délicat de poser ses fesses quand il a plu, d'autant plus que le stade n'est pas couvert. En cette période de l'année où il pleut souvent, c'est fâcheux. Je peux témoigner, on a pris la sauce. J'ai pris un bon sirop contre la toux. Ben oui, même dans un pays où il fait 30 degrés tout le temps, on peut être enrhumé comme un c...
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02.06.2009
Le Palais des Princesses
Visite admirable ce dimanche à Recife : le palais du gouverneur de l'état du Pernambuco (en français, Pernambouc). Ce palais est surnommé "Campo das Princesas", car les princesses Izabel et Leopoldina, filles de l'empereur Dom Pedro II, avaient coutume de gambader dans le parc quand la cour était de passage à Recife. Pour situer historiquement, c'était donc dans les années 1850. La visite est possible les samedis et dimanches, elle est guidée et en plus c'est gratuit. La seule restriction est qu'on ne peut pas prendre de photos partout, pour des raisons de sécurité.
L'après midi, le concert au Théâtre Santa Izabel était effectivement plus "classique" que celui du Théâtre du Parc (voir note précédente). Au programme : Haydn, pour le 200ème anniversaire de la mort du compositeur. Juste un petit mot pour dire que l'orchestre symphonique de Recife comporte aussi des cordes, contrairement à ce que j'ai écrit précédemment. Les concerts du Théâtre du Parc sont donc avec une formation spéciale. Le chef d'orchestre était aussi un peu plus grand. Voilà le rectificatif effectué.
La tragédie de l'Airbus d'Air France fait évidemment également les gros titres de la presse de ce côté-ci de l'Atlantique. C'est triste, et en plus cela m'a fait retomber brutalement dans la réalité. Voir la tronche de Jean-Louis Borloo à jeun sur la Globo à 7 heures du matin, c'est dur. Mais y a pire. Alors la vie continue.
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16.01.2008
Pourquoi j'ai signé la pétition ...
Je suis rentré du Brésil depuis maintenant presque deux mois, et j'ai quelque peu abandonné mon cher blog. C'est normal : loin des yeux, loin du coeur ... J'ai repris ma vie exaltante de parisien moyen, qui consiste à aller au bureau en RER, travailler (ou ce qui s'y apparente, comme répondre à des mails sur des sujets de la plus haute importance), manger mes frites à la cantine, rentrer du bureau en RER et manger ma soupe en pyjama. Que du bonheur. L'aboutissement ultime de 2000 ans de civilisation au service de l'épanouissement individuel.
Si je reprend la plume, c'est d'abord pour vous souhaiter bonne année, puisque nous sommes encore dans la période des voeux. Donc bonne année, bonne santé et patin-couffin. Il fallait le faire. Voilà, c'est fait.
Sérieusement, voici vraiment pourquoi. Cela fait deux mois que j'ai pris la résolution de faire abstinence d'information radio : plus de France Info le matin. France Info était une drogue douce à laquelle j'étais accro depuis sa fondation en 1987. Il m'arrivait de l'écouter pendant trois heures d'affilée, au risque d'entendre six fois de suite Jean-Pierre Gaillard ou son représentant putatif. C'est grace au Brésil que j'ai décroché. Là-bas, le climat aidant, on se passe très bien de France Info. J'avais malheureusement replongé après mon congé sabbatique, mais suite à mon dernier séjour, j'ai définitivement tourné la page. J'en viens même à m'en demander si Jean-Pierre Gaillard existe encore.
Mais surtout, si j'ai arrêté, c'est pour ne plus entendre son nom au réveil. Son nom ? De qui ? Mais de LUI, bien entendu ! Le Schtroumpfissime. Nabot-Léon Premier. Le petit père des people. Notre omniprésident, 1 mètre 72 de nerfs monté sur burnes, et qui nous les brise menu.
Tous les matins, je jouais au Sarkozy. Zut, ça m'a échappé. Mais au moins ceux qui sont durs à la détente auront enfin percuté : quand je parle de LUI, c'est bien de lui qu'il s'agit. Au fait, c'est quoi, le jeu du Sarkozy ? Très simple : vous allumez France Info, et vous chronométrez au bout de combien de temps (ou après combien de mots) vous entendez : "Sarkozy". Record imbattable : il m'est arrivé au moins une fois d'allumer France Info et de tomber pile dessus. En général (sauf à tomber sur la météo ou le traffic routier), je n'avais pas le temps de beurrer une tartine entière avant d'entendre le mot qui tue. Cela m'a amusé pendant un moment, mais ça ne m'amuse plus. Fini de jouer.
Désormais, j'ai pris la ferme résolution de m'informer principalement en regardant la Globo sur le net. C'est peut-être pas la panacée, mais au moins ça me fait travailler mon portugais. L'information sur la Globo est à peu près de la même élévation intellectuelle que celle de TF1. Un peu supérieure quand même à celle du 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, puisque sur la Globo, il y a toujours un chapitre "International". Au moins, s'il se passe en France quelque chose d'important, je suis au courant.
Mais en ce moment, je ne suis pas verni. Car même sur la Globo, on y échappe pas. Il faut dire que les brésiliens sont des grands sentimentaux : ils adorent les belles histoires d'amour, surtout quand elles sont sérieuses (on est prié de ne pas rire). Donc, pas de bol : je me suis remis à jouer au Sarkozy. En version portugaise, ça donne : "o jogo do Baixinho". C'est le surnom que les brésiliens ont donné à notre cher président. Ca veut dire : "le tout petit". "Baixinho, ainda charmoso" (tout petit, mais charmeur).
Bon, pour la Globo, il n'y a rien à faire, et là-bas ils ont Lula (qui est un peu envahissant, mais moins quand même). Mais pour la télévision française, on peut faire quelque chose. Voici pourquoi j'ai signé la pétition initiée par Laurent Fabius pour rétablir l'équilibre dans les temps de parole sur les média audiovisuels : http://www.egalite-audiovisuelle.fr/
00:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brésil, Brasil
04.12.2007
Retour sur ... le futebol !
Quelles seront les villes brésiliennes à accueillir un match lors de la coupe du monde de 2014 ? Au pays du futebol, les grands stades ne manquent pas, mais pourtant la compétition va être rude : seuls quatre sont assurés de participer au spectacle. Parmi ceux-ci, bien entendu, le Maracanã de Rio, avec ses 85 000 places, où aura lieu la finale. Le stade Mané Garrincha de Brasilia, avec ses 72 000 places, accueillera certainement le match d’ouverture. Retenu également, le stade où aura lieu dans quelques jours l’unique concert brésilien de « The Police », pour leur tournée mondiale : le Morumbi de São Paulo, et ses 62 000 places. Garanti enfin, le « Mineirão » de Belo Horizonte, 62 000 places.
Pour le reste : ça va jouer des coudes. Ce qui explique que lors de l’annonce par la FIFA du pays organisateur, le 30 octobre dernier à Zurich, tous les gouverneurs des états du Brésil étaient du voyage au côté de Lula. Pensez donc : Salvador est la quatrième ville du pays par la population, mais n’est pas assurée d’être retenue. Son stade de 40 000 places, l’Arena de Bahia, ne paraît pas un des mieux disants. Un candidat plus sérieux serait le très beau stade de Natal en forme d’étoile, l’Estrela do Reis Magos et ses 50 000 places. Appréciez au passage le subtil jeu de mot : l’étoile des Rois Mages, à Natal (en français : Noël). Au total, 14 stades dans 14 capitales d’état sont candidats.
Retenus ou pas, il y a du boulot pour les mettre aux normes. J’ai déjà évoqué (voire notes précédentes) le cas du Maracanã, en omettant de préciser un problème majeur pour la FIFA : le nombre de places VIP. En 1950, lors de la construction, le futebol n’était pas encore un truc de VIP. La tribune officielle et ses beaux sièges en cuir ne comporte que 500 places, à comparer aux 6000 places VIP du Stade de France. Le derrière de VIP est une espèce en pleine expansion dans le monde du futebol. Le VIP paye très cher sa place, ou ne la paye pas du tout quand il est l’ami de Chose ou l’invité de la société Bidule : il est donc choyé par la FIFA. En revanche, le VIP ne crie que très rarement « arbitre enc… », même avec une coupe de champagne à la main. Ce qui témoigne d’une bonne éducation. Pendant ce temps-là, la plèbe, copieusement imbibée au Fanta Orange, fait la partie la plus amusante du spectacle, assise dans des sièges en plastique. Et pourtant, dans les tribunes, il n’y a même pas open bar. Futebol populaire ou futebol de classe : choisis ton camp, camarade !
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27.11.2007
Retour sur ... Penedo
En 1927, en Finlande, les poireaux étaient hors de prix. Il était très difficile de trouver des fruits et légumes frais : la probabilité de trouver des ananas ou des bananes au marché couvert d’Helsinki était plus que limitée. La nourriture des finlandais, à cette époque, se réduisait essentiellement au poisson frais et à la viande fumée : traditionnel et roboratif, mais peu équilibré. Comme la télévision, le Nokia 5310 ExpressMusic et les appareils à UV n’existaient pas encore, la nuit polaire était particulièrement longue et déprimante.
Certains finlandais pouvaient donc avoir le désir légitime de trouver une terre un peu moins ingrate. Particulièrement un certain Toivo Uuskalio, pour une bonne raison : il souhaitait mener une vie saine en mangeant végétarien, et le climat de la Finlande se prêtait fort peu à ses aspirations diététiques. Un beau jour, il eut une illumination et décida d’émigrer au Brésil. Il y passa un an, en 1927, puis retourna en Finlande publier un livre intitulé : « Matkalla Kohti Tropiikin Taikaa » (comme je parle très bien le portugais, je vais traduire : « Voyage en direction de la magie des Tropiques »). Ce fut le début d’une petite vague d’immigration finlandaise au Brésil, et ils fondèrent en 1929 la ville de Penedo, à 170 kilomètres au nord ouest de Rio, sur le terrain d’une ancienne fazenda achetée par Toivo Uuskalio. Entre 1927 et 1940, ils furent environ 300 à émigrer. Pour ces nordiques, le climat de la serra de Itatiaia convenait parfaitement : certes chaud, mais bien plus supportable que celui de Rio.
Les colons finirent toutefois par déchanter. La terre se révéla peu propice à l’agriculture, et certains souffrirent même de la faim. L’immigration se tassa donc rapidement. Comme le rappelle le dépliant du musée finlandais, à Penedo : en Finlande, il est considéré comme incorrect de démontrer ses sentiments de manière ouverte et spontanée. Ce n’est pas Kimi Raikkonen, surnommé « Iceman » par les reporters de Formule 1, qui dira le contraire (voir notes précédentes). Le seul moment où on peut laisser libre cours à sa fantaisie, c’est lors des danses folkloriques. Les finlandais de Penedo fondèrent le « Clube Finlândia », qui depuis 1943, se réunit tous les samedis à partir de 21 heures pour perpétuer les danses typiques en costumes traditionnels finlandais. Cela, pour le plus grand plaisir des touristes.
Car ce qui a fait la fortune de Penedo, ce n’est pas la culture des bananes et des ananas, c’est le tourisme. Les brésiliens adorent cet endroit pimpant et exotique en raison de son petit côté scandinave. C’est une destination prisée des amoureux et des couples en lune de miel. Au moment de Noël, on en rajoute une louche, puisque chacun sait que le père Noël habite en Laponie, au-delà du cercle polaire. Malgré les 30 degrés ambiants, on peut voir des sapins, des traîneaux, des chalets en pin et des lutins en plâtre.
Ne comptez pas trouver à Penedo des grands blonds aux yeux bleus : de nos jours, les habitants sont plus proches du type carioca que du type viking. Il ne reste plus que vingt authentiques finlandais à Penedo. Mais l’essentiel est que les traditions nordiques se sont perpétuées pour faire de Penedo une destination touristique charmante et un peu kitsch. J’ai mis ci contre (à droite de l’écran) un petit album photo avec mes photos de Penedo.
Pour terminer, je voudrai réparer une injustice que j’ai commise sur ce blog à propos du restaurant finlandais le Koskenkorva : la vodka qu’on peut y déguster est bien une authentique vodka finlandaise importée, de marque Finlandia, et non une « vodca nacional » (sic), qu’on peut trouver pour 10 R$ la bouteille en supermarché et qui convient parfaitement pour faire la « caïpivodka » (comme la caïpirinha, sauf qu’à la place de la cachaça on met de la vodka …).
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22.11.2007
Rio, dernière
Toujours dans le Globo, j’ai lu un article sur la favela Tavares Bastos, dans le quartier de Catete, celle où viennent d’être tournées les scènes du second volet des aventures de l’incroyable Hulk (voir notes précédentes). Il en ressort que depuis l’installation du BOPE en décembre 2000 et le départ des derniers trafiquants, il règne dans la favela un calme olympien. Plusieurs films (dont « Tropa de Elite »), une novela (« Vidas opostas », sur la Record), des clips (Black Eyed Peas, Snoop Dog) ont été tournés ici. Grâce aux tournages, les habitants arrivent à gagner quelques sous : en louant leurs maisons, en faisant de la figuration. Pour un peu, ils passeraient pour des privilégiés …
Il parait même qu’un film français pourrait y être tourné. Pure spéculation : il se trouve que le second épisode de « OSS 117 », avec Jean Dujardin, se passerait au Brésil. Une scène devait être tournée au Copacabana Palace, mais la direction a décliné la proposition en examinant de près le scénario, qui comportait quelques scènes de casse, qui auraient pu nuire au prestige de l’établissement. Selon les mêmes informateurs, les scénaristes se seraient rabattus sur Brasilia, qui fait un décor idéal pour les années soixante. Ce qui reste toutefois à démontrer.
En effet, l’UNESCO a récemment tapé du poing sur la table concernant le classement de Brasilia comme « Patrimoine mondial ». Comme je l’ai déjà dit (relire la saison 1), Brasilia, c’est très moche, et en plus c’est mal entretenu. Le plan pilote en forme d’aile d’avion conçu par Lucio Costa et Oscar Niemeyer a été largement dégradé au fil des années. Plus grave pour l’UNESCO, certains immeubles ont fait l’objet de restaurations qui en dénaturent l’originalité. Par exemple, les azulejos (un peu kitsch, mais typiques des années soixante) ont parfois été remplacés par des marbres (certes plus classes, mais peu typiques des années soixante). Si Brasilia avait été entretenue correctement en respectant le souhait de ses créateurs, elle serait aujourd’hui un décor idéal pour un film culte et parodique se déroulant pendant cette période.
Azulejos des années 60. Si vous avez les mêmes dans votre salle de bain, ne les cassez pas sous prétexte que c'est ringard : ça intéresse l'UNESCO.
Voilà, la partie purement brésilienne de ce blog est terminée pour cette année. Il me reste toutefois de la matière en stock pour l’alimenter après mon retour en France. Avec une série de « Retours sur … », plus des articles de fond (de tiroir), en attendant mon prochain voyage l’année prochaine. Restez branchés !
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21.11.2007
Rio, avant dernière
Eva Klabin était l’une des filles d’un couple d’émigrés lituaniens arrivés au Brésil au 19ème siècle. La société Klabin, leader brésilien dans la fabrication de papier cellulose, existe depuis 1899 et est cotée à la bourse de São Paulo. Aussi la famille est elle depuis longtemps à l’abri du besoin et des difficultés financières. Parmi les babioles qu’on peut admirer dans la baraque : des chinoiseries, des antiquités grecques, égyptiennes et précolombiennes et un splendide service en faïences de Limoges dans la salle à manger. Rajouter à cela ajouter un Tintoret dans le salon Renaissance, un Gainsborough dans le salon anglais, un Pissaro, un Marie Laurencin et une flopée de toiles de maîtres flamands ou de l’école de Fontainebleau. Je précise que le musée est climatisé, c’est un détail important en cette période de l’année.
Drame a Passaperto : Laura, folle de désir, roule un patin au sémillant Miguel. Mais ce dernier la repousse violemment : « Ne fais plus jamais ça, jamais de la vie ! », lui dit-il. Evidemment, Laura ne sait toujours pas que Miguel est curé. « Un jour, tu comprendras … », assène Miguel, en guise d’explication. C’est pas très malin, comme réponse : il aurait pu dire qu’il a eu tardivement les oreillons et que sa maladie a été mal soignée, elle aurait compris de suite et abandonné toute velléité envers lui - et il aurait pu facilement préserver ses vœux de chasteté en échange d’un mensonge véniel. Mais il reste quand même 180 épisodes à tourner, donc pas question de trouver une solution rapide et logique au problème. Miguel va se réfugier dans sa chambre, revêt sa soutane (qu’il a mise au placard à cause de sa mission secrète) et implore Nosso Senhor en priant de toutes les forces de son âme. On écrase une larme. Plus qu’un épisode à voir en direct, et après je devrai me contenter de le regarder sur Internet avec le Globo Media Center. Le chapitre intégral est réservé aux abonnés, mais certains extraits sont accessibles à tous :
http://video.globo.com/Videos/Player/Entretenimento/0,,GI...
Il y en a un qui a tout compris, c’est Dominique de Villepin. Il assistait samedi soir à une répétition (« ensaio ») à l’école de samba de la Mangueira. Le Globo l’a photographié - sans cravate - en compagnie du Rei Momo et de sa cour de « cabrochas » (en argot, femmes aimant danser le samba, nous dit le Houaiss). Voilà qui a sûrement dû le consoler d’avoir laissé son boulot à François Fillon, qui doit être en train de négocier depuis 15 jours avec les syndicats en se gelant les meules. Malgré le soleil et la chaleur de cette belle journée d’été, le Christ du Corcovado s’obstine à se cacher derrière un petit nuage. Encore un feignant qui profite de son statut privilégié pour ne pas en ramer une. Quand je serai proprio, je vais réclamer un service minimum pour les nouvelles merveilles du monde.
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20.11.2007
Aparecida
Le bus de 13h10 pour Rio était "lotado" (complet), et il n'y avait pas d'autre bus avant 17h20. J'ai donc été obligé de prolonger un peu mon séjour, et je ne le regrette pas. J'ai pu visiter en détail Aparecida, qui mérite quand même le détour.
La ville est composée de deux parties : le centre historique et la nouvelle basilique. Le centre historique est située sur la colline où a été bâtie la première basilique, vers 1850. La vieille basilique est en cour de restauration, et elle en a bien besoin. Elle continue à accueillir les touristes et les pélerins, et on peut passer se recueillir sous la vierge à l'endroit même où elle était installée avant la construction de la nouvelle basilique. Ce qui a provoqué chez moi une interrogation légitime : sur les deux vierges, il doit y avoir une fausse. Ou alors, elle est douée du don d'ubiquité, comme Frei Galvão (voir note précédente). Ou bien encore, elles sont réellement deux, comme Urbi et Orbi. En tout cas, les brésiliens on fait preuve de clairvoyance pour la construction de la nouvelle basilique. L'étroit passage qui permettait d'accéder à la vierge dans l'ancienne basilique n'aurait jamais pu accueillir autant de pélerins de nos jours. Ne pas oublier que depuis 1950, la population du Brésil a été multipliée par trois.
Depuis le centre historique, on a une vue panoramique sur la nouvelle basilique, et on peut en admirer la taille imposante. Le centre historique et la nouvelle basilique sont reliés par la "passarela da fé", autrement dit la passerelle de la foi. On dit que la foi déplace les montagnes, en l'occurrence elle est capable d'absorber un traffic de 10 000 pèlerins à l'heure, en période de pointe. J'en ai donc profité pour retourner voir la nouvelle basilique, l'occasion de voir quelques endroits à ne pas rater. A commencer par la "sala das promessas", qui contient toutes les offrandes faites à la Vierge en remerciement d'un voeu accompli. Comme on est au Brésil, on peut solliciter Nossa Senhora pour des motifs qu'on ne rencontre que très rarement à Lourdes. On peut la remercier pour la victoire de son équipe de futebol, ou bien pour avoir survécu à une balle perdue.
Le clou de la visite est la montée au beffroi, de plus de 70 mètres de haut (il y a un ascenseur). De là, on a une vue impressionnante sur le centre historique, où on proliféré dans le plus grand désordre les constructions modernes, ce qui est bien dommage. Mais il fallait bien loger les centaines de milliers de pélerins qui viennent ici rien que pour le 12 octobre. La visite du beffroi donne également accès à un petit musée d'art sacré. La sainte patronne du Brésil est devenue une vedette de novela : en 2001, a été diffusée "A Padroeira", et pour l'occasion on a produit une réplique fidèle de la vierge trouvée. On peut la voir au musée (donnée gracieusement par la Globo).
Retour à Rio ce soir. Plus que trois jours avant mon retour en France. Ca passe vite. Nossa Senhora ! C'est le cas de le dire ...
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